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une journaliste algérienne a été très grièvement blessée jeudi après-midi lors de la violente manifestation qui a paralysé le centre d'Alger, alors que, selon un premier bilan établi de sources hospitalières et non confirmé officiellement, les affrontements -la police aurait tiré à balles réelles sur la foule- auraient fait au moins 150 blessés, dont une dizaine atteints grièvement.
Les événements avaient commencé à dégénérer vers 12h30, tandis que les manifestants tentaient de s'approcher du palais présidentiel.
En fin d'après-midi, des affrontements sporadiques étaient encore signalés entre manifestants et forces de l'ordre, notamment dans les quartiers de Belcourt et Husseindey et des scènes de pillage observées dans la rue Mourad Didouche, une des principales artères du centre d'Alger.
Les forces de l'ordre, qui semblaient avoir repris largement le contrôle de la situation dans le centre de la ville, réprimaient par ailleurs avec beaucoup de violence les manifestants isolés, des scènes d'acharnement sur des émeutiers étant signalées.
Plusieurs dizaines de blessés ont été transférés à l'hôpital Mustapha dans le centre d'Alger. La journaliste blessée, qui travaille pour l'hebdomadaire arabophone Chourouk (Aurore), a été écrasée par un autobus qui sortait d'un dépôt incendié par les manifestants, a constaté l'Associated Press.
Le député Verts Noël Mamère a appelé dans l'après-midi à la mise en place d'une commission d'enquête internationale, sous l'égide de l'ONU.
Comme les organisateurs l'avaient annoncé, la manifestation a été massive. Le cortège, long de dix kilomètres, rassemblait environ 600.000 personnes. Le matin, alors que les premiers manifestants étaient déjà dans le centre-ville, de nombreux autres n'avaient pas encore démarré à la Foire internationale d'Alger (FIA), soit à dix kilomètres de là. Ajoutant à la paralysie de la capitale, un embouteillage monstre s'étendait de la foire jusqu'à Boudouaou à 35km d'Alger. Il s'agit en grande partie de véhicules transportant des manifestants en provenance de Kabylie.
En dépit de la situation particulièrement tendue, le secrétaire d'Etat français au commerce extérieur François Huwart a visité dans la matinée le stand français de la FIA. Les quelque manifestants qui ont tenté de s'approcher de la foire ont été dispersés sans ménagements par un imposant cordon de sécurité. La 34e foire internationale, qui a ouvert ses portes mercredi et qui accueille un millier d'entreprises étrangères, a fermé prématurément ses portes en fin de matinée. Le ministre français a quant à lui annulé la réception qu'il devait y présider. (AP)